D'humeur à lever le camp

Publié le par Etonnants Voyageurs

Quitter le camp des avants-gardes pour se donner rendez-vous dans un ailleurs littéraire. Dans la continuité du manifeste Pour une littérature-monde en français... , Etonnants-Voyageurs a programmé ce samedi une rencontre sur ce courant de l'histoire littéraire française, intitulée "Adieu aux avant-gardes".

Pour en débattre, Tahar Ben Jelloun, André Velter, Alain Mabanckou et Jean Rouaud, écrivains, tous signataires dudit manifeste. D'une voie, ils contestent la démarche des artistes d'avant-garde, principalement pour l'admiration qu'il vouent au formalisme. "
L'avant-garde ne doit pas se limiter à une expression formelle, elle doit porter avant tout une exigence d'authenticité de l'écriture", appuie Tahar Ben Jelloun avant d'ajouter : "il faut que les récits touchent les lecteurs." Même propos, autres mots, ceux de Jean Rouaud qui considère que le rôle "des avant-gardistes, survivants de deux guerres mondiales, eût été de réinventer le monde en se privant de la représentation... puisque tout était mort." Suit la réflexion d'Alain Mabanckou qui rappelle le caractère circonscrit du mouvement et la perception qu'en ont eu les auteurs non occidentaux : "Ce fut un remue-ménage littéraire
en Europe. Mais pour les auteurs francophones de l'époque, la démarche était arrogante ; ils avaient une autre vision de la modernité. Une modernité qui n'aurait pas gommé la présence africaine dans la littérature française..."

Souhaitons que les auteurs du monde n'oublient pas de restituer ce qui les a fait plutôt que ce qu'ils sont. Ou encore qu'ils suivent l'invitation lucide et drôle d'André Velter à "
regarder devant, sans se soucier des avants, des arrières et mêmes des gardes tout court". 

Marie-Laure Even




 

Publié dans Rencontres

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article