Partir sur les routes de l'Orient

Publié le par Etonnants Voyageurs

A la découverte de l'Orient. C'est sur ce thème qu'ont témoigné cet après midi au Café Littéraire quatre écrivains qui ont chacun vécu des expériences de grands voyageurs. Pourquoi partir, pour quelles raisons ?

Une rencontre, et ce fut l'opportunité pour Adèle O'Longh de partir. Embarquée comme marin à bord d'un cargo à destination de Cuba, alors qu'elle a le mal de mer. Son expédition maritime s'arrête aux Iles Canaries. Où elle assiste à un cours de Taï Chi Chuan et rencontre un vieux chinois, "à tête de dragon", qui ressemble à son grand père. Fascinée par son charme, elle l'observe ce " petit vieux" qui est en fait un grand maître de Taï Chi. Sans hésitation elle accepte sa proposition de partir avec lui en Chine. Elle y découvre des chinois excentriques dont elle fait le portrait dans Les montagnes dans les nuages (Hoebeke, Coll. Etonnants Voyageurs), récit de son voyage au pays de Mao. Un voyage mais aussi des rencontres et une quête de soi guidée par l'apprentissage des arts martiaux.

Colin Thubron, pour sa part, à répondu à son envie d'explorer des pays qui lui semblaient menaçants, en apparence, pour un occidental tranquille. Ce qui l'a poussé à partir en Afghanistan et dans les pays de l'ex Union Soviétique. Et pour voyager au coeur de ces pays mystérieux et inconnus quelle meilleure méthode que de suivre le fil de ce qui les relie : la route de la Soie. Un parcours qui l'a inspiré pour écrire une oeuvre majeure L'ombre de la route de la soie dans la collection Etonnants Voyageurs chez Hoebeke. "On voyage pour la différence, pour rencontrer une façon différente de vivre" affirme-t-il. Partir pour comprendre ou tenter de comprendre, tel pourrait être le paradigme de cet écrivain voyageur qui ne part jamais sans se préparer, se documenter au préalable...

Ce qui n'était pas le cas de Pierre Jourde lorsqu'il s'est aventuré, jeune, au Tibet. Croyant que l'été n'y avait pas de fin, il part en pantalon de toile et se retrouve dans six mètres de neige ! "Le paradigme du voyage idiot, des jeunes qui partent sans s'informer !" La découverte de cet univers et les paysages tibétains pousseront néanmoins Pierre Jourde à retourner par trois fois au Tibet: "une révélation de la beauté qui vous emporte, vous happe". Dans Le Tibet sans peine (Gallimard), il évoque aussi les quêtes d'utopies des jeunes : partis à la recherche d'espaces mythiques ils déchantent immanquablement sur place.

Cet idéal déchu, cette migration en quête de mysticisme, a aussi inspiré Rory MacLean, auteur de Magic Bus (Hoebeke, coll. Etonnants Voyageurs). "Om", c'est sur cette incantation yogi, reprise par l'audience, que l'écrivain débute le récit de son périple de six mois, d'Istambul à Kaboul, sur les traces du grand mouvement hippie des années 1960. Cherchant à comprendre pourquoi des dizaines de jeunes occidentaux sont partis à la recherche de quelque chose qu'ils ne pensaient pas trouver en Occident et pourquoi il est plus difficile, quarante ans plus tard de voyager dans ces pays. Savoureux moment lorsque Rory MacLean évoque la rencontre entre un vieux hippie, vétéran de Woodstock, et un jeune indien branché pour qui les hautes technologies n'ont plus de secret. Sans porter de jugement, juste observer et ressentir, c'est cela sûrement être voyageur et écrivain. "Etre perdu dans quelque chose qui a une intimité profonde", comme le dit si joliment Pierre Jourde. Cette fascination pour des contrées étrangères n'est pourtant pas sans risque. " On devient comme un photographe de guerre, explique Colin Thubron partis voir le monde de plus près, ces écrivains nous ont emporté loin et en même temps au coeur de nous même.


Florence Brissieux

Publié dans Rencontres

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