Merci René Rougerie

Publié le par Etonnants Voyageurs

René Rougerie, ce nom ne vous évoque-t-il rien ? Bon, et si l'on vous dit recueil de poésie, l'immuable couverture blanche, les titres en rouge, et surout les pages à découper soit même à l'aide du traditionnel coupe papier ? Ah, nous y voilà. Eh bien oui, une fois n'est pas coutume, ce n'est pas l'auteur qu'Etonnants Voyageurs met à l'honneur, mais l'éditeur.

Plutôt qu'un hommage Yvon Le Men précise que "c'est un grand merci" que l'on adresse à l'un des plus fervents défenseurs de la poésie. René Rougerie, c'est 60 ans de métier, et quel métier ! Alors certes, la maison d'édition ne compte pas énormément de noms ronflants. C'est qu'elle porte en son sein l'amour des poêtes, mêmes inconnus, surtout inconnus. "On ne s'est jamais laissé enfermer dans un certain mode d'édition" reconnaît Rougerie. "Ce qui est important, c'est le dialogue entre l'auteur et l'éditeur. On a pu se tromper parfois, mais on a toujours essayé de rester cohérent". La philosophie des éditions Rougerie est restée intacte, et leur foi en la poésie n'a cessé de croître, pour le plus grand plaisir des amateurs.

Entrer chez Rougerie, c'est être accepté dans la famille de la poésie. C'est également trouver un guide, un parrain, un mentor. René Rougerie ne lâche pas ses auteurs, il les accompagne tout au long de leur carrière. Avec Poésie présente, un recueil périodique qui s'est arrêté au numéro 100, il a aussi permis à de nombreux poêtes d'obtenir une première publication. Aujourd'hui, le père a passé la main au fils qui continue sur la même philosophie, persuadés l'un comme l'autre qu'ils ont un rôle à jouer à côté de la grande distribution, un rôle qualitatif plus que quantitatif. Le Men relève d'ailleurs que la maison "ne compte pas des milliers de lecteurs, mais peut importe..." L'essentiel réside dans l'esprit et cette ligne éditoriale, cette volonté de toujours rechercher de jeunes auteurs afin que jamais ne se tarisse le vivier des poètes francophones.

La chapelle de l'Ecole de Marine Marchande qui accueille la rencontre se prête particulièrement bien aux lectures d'extraits des publications Rougerie par Yvon Le Men, Sylvia Lipa-Lacarrière et Yves Prié. Le lieu est calme, impose le repos du corps, mais pas de l'esprit. Une heure pour se régaler des rimes qui résonnent. Alerte dès que l'on évoque l'édition, René Rougerie raconte son métier et par la même occasion un bout d'histoire de la poésie française. Il évoque une approche résistante aux courants littéraires et aux convenances, au motif qu'il fait ce qu'il pense être juste. La poésie est pour lui synonyme de liberté. Aujourd'hui, le catalogue Rougerie propose Saint-Pol-Roux, Jean l'Anselme, Charles Simic, Marguerite Clerbout, Anita Endrezze, Yves Prié ou encore Yvon Le Men. Ce dernier n'a pas hésité à revenir chez Rougerie pour son dernier livre Chambres d'écho (Rougerie, 2008) pour bénéficier des conseils avisés du maître és édition et s'assurer de la qualité de son travail. Un signe qui ne trompe pas.

Paul Vulcain

Publié dans Poésie

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