Que disent-ils de leur migration ?

Publié le par Etonnants Voyageurs


Parce que leur histoire est liée à Israël, à Cuba, à l'Egypte, au Viêtnam, que leurs textes sont traversés par une migration ou par les mémoires d'émigrés, intimes ou non, Alona Kimhi, Wendy Guerra, Ala El Aswany et Minh Tran Huy ont partagé ce dimanche matin une réflexion sur les migrations, animée par Hubert Artus, chroniqueur culture de Rue89.com, partenaire de l'événement.

Sur la base de leur expérience personnelle, les auteurs ont permis aux festivaliers de percevoir la diversité des vérités individuelles que recouvre le terme de migration. Pour l'Egyptien Ala El Aswany, la question des migrations a une résonance particulière puisque son pays a plutôt été une terre d'accueil qu'une terre d'exil. "La souffrance de ces émigrés égyptiens installés à Chicago m'a beaucoup touchée ; elle fait partie de l'histoire humaine de cette ville américaine. Chaque lieu est chargé d'histoire humaine ; ce qui multiplie les possibilités d'écriture sur un lieu. C'est ce que j'aime dans l'acte d'écrire.

Migration plus intime pour Minh Tran Huy. Fille d'émigrés viêtnamiens, née en France, parfaitement acculturée, Tran Huy cherche plutôt à retrouver la mémoire de ce déplacement. "La réalité du pays d'origine et de cette migration est doublement absente pour moi : je ne l'ai pas vécu et en plus, dans notre culture, évoquer ces souvenirs est tabou. Alors je fantasme sur ce pays. C'est à moi de renouer avec la culture traditionnelle lors de mes périples au Viêtnam, par exemple, en récoltant des contes traditionnels.


Intrinsèque aux lieux qu'elles habitent, la migration est un sujet encore plus intériorisé chez Alona Kimhi et Wendy Guerra, respectivement ukrainienne et cubaine. Toutes deux se défendent d'un engagement politique dans leurs ouvrages, précisément parce que dans ces territoires, par essence, tout est politique. Du coup, Alona Kimhi s'affiche plutôt comme auteur de la modernité de son pays d'adoption, Israël, quand Wendy Guerra préfère s'interroger sur l'écriture comme possibilité, dans le contexte singulier de Cuba, d'être malgré tout présente au monde.

Marie-Laure Even


Publié dans Migration

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